Nora est une femme qui ne manque apparemment de rien : mariée ayant 4 enfants, 3 garçons et une fillette, vivant à l’aise dans une maison qui lui appartient en toute propriété. Cependant, elle affronte un vrai problème : adoptée à sa naissance, sur son acte de naissance ne figure pas le père et elle porte le nom de sa mère ; c'est-à-dire qu’elle est une enfant illégitime; ce qui l’expose aux questions embarassantes de ses enfants. Elle connaît sa mère naturelle mais celle-ci a convenu avec elle de ne pas révéler son existence à son fils unique qu’elle veut, pour des raisons évidentes, tenir éloigner de cette histoire. Mais celui-ci, non seulement était au courant de l’existence de cette sœur illégitime mais, cherchait à la connaître.
Voici mon histoire et celle de ma soeure que j’ai toujours cherché sans y parvenir depuis ma tendre enfance et voilà qu’à 50 ans je la découvre enfin.
Cette soeur, étant née d'une relation illégitime,est demeurée inconnue de toute la famille.
Mais moi, je me rappelle comme si cela datait d'hier avoir été avec ma mère dans une ville lointaine chez une femme, sur recommandation de ma tante maternelle qui avait accepté d'aider ma mère à mettre au monde l'enfant qu'elle portait. Ma tante avait aidé ma mère dans le seul but d'éviter le déhonneur pour la famille.
Je me rappelle de tous les détails de sa naissance mais, une fois devenu grand, j'avais perdu le fil et ne su comment trouver cette soeur.Ma mère avait refusé d'aborder le sujet avec moi et c'était ainsi que de guerre lasse ,j'avais cessé d'espérer en tirer quelque chose d'elle, c'était aussi par respect que je cessais de lui poser la question. J'allais souvent dans cette ville et me mettais à observer les filles de son age en me disant que l'une d'entre elles était peut être ma soeur.J'avais envie de leur demander leur prénom mais je n'osais de peur des réactions.
le Mercredi 4 Juin 2008
J'endurais cette situation et essayais d'en supporter le poids, en ne me doutant jamais de pouvoir un jour arriver à mon but: retrouver ma soeur maternelle, bien qu'étant naturelle ou illégitime ou issue d'une relation proscrite. Qu'importe, même si ma mère , pour des raisons évidentes, ne veut pas révéler son existence; moi au contraire, j'ai toujours été animé d'un désir profond de la connaître. Quel est son tort si elle est dans cette situation? Je suis conscient du tabou mais je ne veux que connaître une soeur à la naissance de laquelle j'ai assisté. Je continuais de chercher avec l'espoir de la retrouver qui ne m'a jamais quitté.
En me lisant et le faire savoir vous m'encouragez à continuer. Merci et; à la prochaine....
Mihoub regagna son lit et les deux garçons dormirent ….
Le matin ce fut Brahim qui se leva le premier. “Tante Meriem” était là elle aussi. Elle prépara le café. Quand Mihoub fut réveillé il était neuve heure. Quelques instants après,”Tante Miriem”, Brahim et Mihoub prirent le café ensembles.”Tante Miriem” découpait silencieusement les morceaux de pain tout en observant discrètement Mihoub. Celui-ci était pressé de savoir ce qui s’était passé mais se retenait par honte ou par crainte de la réponse. Soudain “Tante Miriem” rompis le silence en s’adressant à Mihoub :
-"Mon fils, il faut avoir du courage. Tu es encore jeune et ton avenir est devant toi; il y a tes études.….” Puis elle se tu, comme si elle ne savait ce qu’elle allait dire. Mihoub la considérait avec curiosité et impatience, Brahim surveillait les réactions de son ami.”Tante Miriem” lâcha en détournant son regard :
- “Elle vient d’accoucher !” Puis elle se précipita vers Mihoub et le dans ses bras celui-ci sanglotait comme un enfant. Elle essayait de le consoler.
- “Tu te remarieras et tu refera ta vie, tu es encore jeune…..Dieu t’es venu en aide pour te débarrasser de cette femme sans honneur.”
Elle lâcha Mihoub de ses bras, le regarda et remarqua qu’il s’était remis du choc. Le voyant ainsi , elle lui raconta que Rokaïa avait accouché d’un enfant de sexe masculin. Et ajouta à l’attention de Brahim :
-“Vous allez faire un tour dehors. Vous reviendrez pour le déjeuner….Attention ne laisses pas Mihoub tout seuloi e.” Puis souffla à l’oreille de son fils :
- “Ne dis rien aux gens dehors sur ce qui s’est passé cette nuit.”
Les deux garçons sortirent. Mihoub avait l’impression que tout s’effondrait autour de lui. Cependant il était soulagé par la présence de Brahim. Celui-ci essayait de le divertir par des anecdotes et des blagues. L’après midi les deux amis allèrent au cinéma. Le film qu’ils virent plut beaucoup à Mihoub. Brahim faisait tout pour lui faire oublier son malheur. Ainsi ils passèrent la 2eme nuit ensemble. Le matin Mihoub décida d’aller chez lui malgré l’opposition de “tante Miriem” qui finit par dire :
- “Bon je t’accompagne.”
En rentrant, Mihoub constata tout de suite l’irritation de Fatma. C'était visible quelque chose de grave venait de se passer. Et puis Si Salah claqua la porte nerveusement et sortit, il sembla surpris par la présence de Mihoub qu’il croyait chez “tante Miriem.”
Un moment de silence puis la voix dure, rocailleuse et monotone de Si Salah se fit entendre :
- “ maintenant que tu m’as déshonoré et déshonoré mon fis, je ne veux plus te garder chez moi. J'ai été naïf et j'avais trop confiance en toi, j'espère que Dieu te punira pour ton pêché."
Le père intervient à l'intention de sa fille :
- "Il faut que tu te débrouilles pour trouver où aller . Nous avons assez créer de problèmes à Si Salah comme ça"
Sa femme le coupa en s’adressant à Rokaïa:
- “Si au moins tu nous avais prévenu nous n’aurions pas créé des problèmes pour ce garçon si gentil.”
Mihoub, l’oreille collée à la porte, des larmes lui coulaient le long du visage, secouait la tête :
- “ La vipère, comme si elle ignorait tout.” Se dit-il à l’adresse de sa belle mère.
Le père de Rokaïa s’adressa à Si Salah d’un air grave et solennel :
- “ mon frère, vous avez été un brave homme à notre égard, maintenant faites de votre bru ce que vous voulez. De toutes les façons je ne l’accepterai plus dans ma maison.”
La mère ne put retenir ses larmes. Tout le monde observait le silence. Si Salah se leva.
- “Elle n'est plus ma bru mais elle passera la nuit ici, dit-il à l’adresse de Rokaïa. Demain sa mère et sa tante lui trouveront un endroit.”
Effectivement le lendemain Mihoub ne trouva pas Rokaïa. Il se prépara à quitter la ville pour rejoindre l’université. Comme il était soulagé ; il se sentait plein d’aise et d’espoir. Mais le choc ne cessait de le déchirer. En parcourant les rues il évitait au de rencontrer les gens de ses connaissance car la nouvelle avait vite de gagner toute la ville…. Dans le train Mihoub poussa un ouf de soulagement et d’espoir. Durant le trajet il ne parla à personne. En arrivant il alla vite rencontrer Zhor et lui raconta le dénouement de son histoire. Celle ci était à la fois heureuse et soucieuse : heureuse pour Mihoub qui était libéré d’un problème mais soucieuse quant au comportement de celui-ci.
- « Il faut convaincre mon père » dit Mihoub d’une voix étouffée par les sanglots.
- « Je l’ai mise au courant ; il sait tout, il allait les renvoyer toutes les deux mais je lui ai conseillé de patienter pour ne pas créer un scandale eu égard au père de Rokaïa qui ignore certainement tout des manigances de Fatma et de sa femme. SI Salah va sûrement s’entretenir avec le père de Rokaïa. »
Mihoub se tu, mais il était soulagé par les paroles réconfortantes de tante Mérièm et sachant que celle ci partageait avec lui le malheur qui le frappait. Il quitta la vieille sur ces paroles réconfortantes. Il marchait dans les rues sans savoir où il allait, regardait autour de lui sans rien voir, tellement il était absorbé par ses pensées. Ainsi en cheminant il se trouvait à la sortie du village toujours plongé dans ses pensées. Il était surtout embarrassé par l’idée de se voir un jour devant le juge et de lui expliquer comment il n’avait pu se rendre compte de la grossesse de Rokaïa. Celle ci pouvait le rendre responsable de cette grossesse et l’explication aurait été simple.
- « Mihoub ! Tu es là ? Je te croyais à l’université ! » C’était quelqu’un qui venait de le sortir du cour de ses pensées. Ils parlèrent un moment puis retournèrent ensemble au village.
En rentrant chez lui, Mihoub constata tout de suite l’irritation de Fatma et l’absence de son père. C’était visible et puis Si Salah claqua la porte nerveusement, suivi du père et de la mère de Rokaïa. Mihoub compris et se hâta à entrer dans sa chambre. Il ne put s’empêcher de réfléchir, de penser, de revivre le passé ou d’essayer d’entrevoir l’avenir. Il éteint la lumière et essaya de dormir, sans résultat. L’angoisse s’empara de lui, ce qui exprimait son impuissance morale et sa solitude. À ce moment sa femme entra et alluma. Mihoub vit son visage blanc, ses yeux sans éclat. Elle se déplaçait difficilement, elle avait l’air épuisé, elle essayait de cacher un mal car elle grimaçait à chaque fois, les traits de son visage se durcissaient d’un moment à l’autre. Elle se coucha en silence. On éteint la lumière .Mihoub s’aperçut qu’elle étouffait faiblement ses gémissements. Elle se tourna d’un coté puis de l’autre, change plusieurs fois de positions et laissa entendre nettement ses gémissements. Puis lâcha une injure pleine de sens : « que dieu maudisse ceux qui m’ont mis dans cette situation. »
Mihoub ne put comprendre, il resta silencieux. Rokaïa alluma. « Qu’est ce que tu as ? » Lui dit-il.
-« J'ai mal au ventre. » Répondit-elle. Mihoub se couvrit et fit semblant de dormir. Il dormit réellement. Il se trouvait dans la forêt par une nuit noire. De toutes parts des animaux sauvages qui semblaient le menacer, puis le gémissement d’une personne souffrante. Mihoub regarda de tous les cotés et ne vit rien. Soudain des secousses le tirèrent de son sommeil.
-« Mihoub, Mihoub ! aide-moi j’ai très mal au ventre. »
Mihoub sorti très vite et alla frapper à la porte de la chambre de son père, Fatma lui ouvrit tellement vite qu'on dirait qu’elle attendait derrière la porte. Mihoub désigna sa chambre de la tête :
-« Elle est malade. » Dit-il simplement.
Le visage de Fatma devint blanc. Elle alla voire. Si Salah sortit à son tour. Mihoub resta debout. De son endroit lui parvinrent les paroles de Si Salah qui ressemblaient à des reproches ou des menaces puis il revient et dit à Mihoub de l’accompagner. Ils sortirent ensembles et allèrent droit chez “tante Mirièm”.on leur ouvrit. Si Salah entra en laissant Mihoub sur le pas de la porte; puis on lui dit d’entrer à son tour. “Tante Mirièm” dit à Mihoub :
-« Mon fils tu restes avec ton frère Brahim jusqu’à mon retour et ajouta : vous pouvez dormir je prends la clef avec moi. »
Brahim prépara le lit pour Mihoub à coté du sien et ils se couchèrent. Un fois la lumière éteinte, Brahim interrogea :
-« Qu’est ce qui se passe chez toi ? » Mihoub répondit : « Elle est malade. » Brahim alluma précipitamment : « Déjà ? »
- « Quoi? »
- « Elle va accoucher ? »
- « Non ! Elle est seulement malade, elle ne va certainement pas accoucher cette nuit. » Brahim souriait en regardant dans les yeux de Mihoub.
- « Vraiment ? Elle est seulement malade et ne va pas accoucher cette nuit ? »
- « Pourquoi ? C’est ainsi que les femmes accouchent ? »
- « Bien sur ! »
- « Alors ?….. »
- « Oui …. »Dit Brahim en hochant la tête. Mihoub se dégagea brusquement de son lit, Brahim se précipita pour le retenir.
- « Où vas-tu? »
- « Je vais voire »
- « Voire quoi ? »
- « Tu ne feras que compliquer les choses, restes ici et demain nous verrons ce que nous pouvons faire .D’ailleurs nous ne savons même pas si elle accouche. Peut être est-elle seulement malade comme tu l’as dis. » Dit Brahim comme pour le réconforter.
- “ Zhor, elle était vierge !” s’exclama-t-il
- “Tu ne peux comprendre les combines des femmes.” dit-elle dans un profond soupir, les yeux tristes.
Mihoub était effaré, il ne pouvait croire ses oreilles. S’apercevant de son attitude, Zhor l’attira d’un geste :
- “viens, allons-nous en; et, ajouta, aies du courage.”
Tout en marchant elle lui expliqua que la mère de Rokaïa et fatma avaient dupé son père pour lui montrer peut être que celui-ci n’était pour rien.
- “ C’est donc ainsi ?” Dit tout simplement Mihoub.
- “Oui ! Elle était enceinte depuis quelques mois déjà. Toutes les femmes s’en étaient aperçues au bain. Elle avait essayé de se faire avorter par une vieille femme mais l’opération a échoué, et c’est pour ça qu’elles s'étaient précipité pour célébrer les noces et consommer le mariage. Il paraît que quelqu’un avait prévenu ton père mais il n’avait pas voulu le croire. Je pense que tu ne peux en vouloir qu’à ta belle mère qui a tout arrangé.” Puis elle s’arrêta un instant le toucha au bras et lui dit en le regardant dans les yeux :
- “Je t’en supplie n’en souffles mot, l’important c’est que tu es au courant prends garde à ce qu’elle ne se fasse pas accoucher en secret et tu seras sauvé.”
- “ Tu appelles ça sauvé toi? Je suis plutôt englouti jusqu’au cou …” Ils ne s’étaient pas aperçu qu’ils étaient au milieu d’autres étudiants; le vacarme et l’agitation les empêchaient de continuer leur discussions.
Les propos de Zhor furent un choc pour Mihoub. Ses paroles résonnaient encore dans ses oreilles. Il était à la fois hanté et soulagé : hanté parce qu’il ne s’était jamais imaginé victime d’une telle trahison, soulagé parce qu’il savait ce qu’on essayait de lui cacher.
Ce soir, en dormant, il réfléchissait : son absence de la maison arrangeait les choses pour Fatma et sa nièce,ce qui expliquait pourquoi celle là ne s’était pas opposé à la décision de Si Salah d’autoriser Mihoub à poursuivre ses études. Elles combineraient l’accouchement de Zhor sans que Si Salah ne s’aperçoive de rien. . Les paroles de Zhor furent un choc pour Mihoub. Ses propos résonnaient encore dans ses oreilles. Il était à la fois hanté et soulagé : hanté parce qu’il ne s’était aperçu de rien; soulagé, parce que ce fut une occasion de prouver le traquennard de Fatma et de se débarrasser de Zhor.
En réfléchissant il prit la décision de retourner chez lui pour prouver la grossesse de sa femme et éviter le traquennard qu’elle et sa tante étaient en train de préparer.
Le matin Mihoub annonça sa décision à Zhor.
- “ Je crois que c’est le meilleur moyen d’empêcher le pire et la meilleure occasion de me débarrasser d'elle définitivement.” Dit-il. Zhor méditait en le regardant :
- “ réfléchis Mihoub; c’est un meilleur moyen pour te débarrasser d’elle mais n’oublies pas que c’est la nièce de ta belle mère. En dénonçant Rokaïa tu dénonces aussi Fatma. Tu vas détruire le foyer de ton père….”
Mihoub l’arrêta :
- “ peut être aurais-je aussi la chance de sauver mon père de cette vipère. Il se remariera.”
Mihoub parlait d’un ton si décidé et d’une voix si dure que Zhor ne su que répondre et finalement acquiéça.
Mihoub quitta l’université, heureusement pas pour toujours, car il espérait y revenir une fois sa mission terminée. Il savait qu’il devait affronter les questions de tout le village sur son retour prématuré :
-“pourquoi es-tu revenu ?”
-“je n’ai pas où loger, il n’y a pas de place; on nous a demandé de revenir plus tard lorsque les chambres seront prêtes; dans un mois, peut être même deux.”
Il imaginait les taquineries de ses amis :
- “ Tu n’as pu tenir là-bas ; tu t’es habitué à la vie de marié.”
Le plus que Mihoub craignait c'était la réaction de son père. Ce dernier étonna Mihoub par sa compréhension de la situation :
-“ Bon puisque c’est ainsi, ne perds pas ton temps avec les voyous. Occupes-toi à lire te à réviser tes leçons.”
Mihoub était soulagé mais il devait tout de suite penser à ce qu’il était venu réellement faire. En vérité il ne savait par quoi commencer; il devait se confier à quelqu’un. Mais tout de suite il rejeta cette idée parce que la situation ubuesque dans laquelle il se trouvait ne pouvait être comprise par n’importe qui et il risquait d’ébruiter son histoire et de s’attirer des problèmes et être la risée de tout le village.
Une fois reposé de son voyage, il commençait à rédiger une lettre à Zhor. Sans écrire l’en tête il commença :
“ Heureusement que mon père ait accepté l’explication que j’ai donné de mon retour : un manque de chambres et le fait de retourner dans un mois ou deux à l’université. Me voici donc chez moi, elle est là : entrant et sortant visiblement embarrassée par ma présence. J’ai un livre devant moi sur lequel j’écris, et, à chaque fois qu’elle entre j’enfouis la feuille dedans et fais semblant de lire.
C’est maintenant seulement que je me rends compte qu’elle est enceinte et c’est maintenant seulement que je commence à penser à ce que serait mon attitude lorsqu’elle accouchera. D’ailleurs me rendrais-je compte ? Combien lui restera-t-il ? Ce qu’elles préparent elle et sa tante ? A toutes ces questions je ne sais que répondre. Mais ce que je sais c’est l'expression de ses yeux noirs et perçants et de son visage que ni le maquillage outrancier ni les sourires forcés n’arrivent à cacher la trahison perfide et malheureuse. Chère Zhor je suis angoissé à l’idée qu’elle accouchera chez moi. Je serai la cible des plaisanteries, des moqueries et même de mépris de la part des gens du village. J’ai été victime de ce mariage duquel j'essaie de m’échapper maintenant. Mais je sais que c’est une occasion que je ne peux rater sinon je la subirais toute ma vie et je n’aurais aucune raison à invoquer pour mon père, qui ne veut pas s’embrouiller avec les parents de Rokaïa, pour me séparer d’elle. Je pense me confier à tante Mirièm qui peut m’aider au moins moralement. Pourquoi ne le ferait-elle pas ? Elle sait tout.
Chère Zhor, l’espoir est toujours présent ; j’ai confiance en l’avenir. Le malheur se dissipera et nous nous reverrons ; je reviendrais à l’université et tout sera terminé. Sois tranquille tout se passera bien…. Il n’y a que toi qui me manques. Te rends –tu compte combien j’aurais voulu t’avoir auprès de moi ? Je me réconforte par l’écriture en pensant que tu penses aussi à moi. Car, c’est peut être par la pensée que tu m’aideras."
Ce que Mihoub n’avait pas écrit dans sa lettre c’était qu’il avait rencontré tante Mirièm dans son chemin à la maison.
"J’étais la vraie amie de ta mère que dieu la bénisse dans sa tombe, disait-elle à Mihoub à chaque fois qu’elle le rencontrait, nous étions des soeurs devant Dieu”.Tante Mirièm était une vieille voisine et amie de sa défunte mère dont elle ne cessait d’évoquer les qualités devant Mihoub au point d’irriter parfois Fatma qui esquissait un geste de dépit devant tant de louanges de la mère de Mihoub. Cette fois elle ne manqua pas de le lui rappeler. Mihoub lui avait expliqué son retour, comme à tous les autres, par le manque de chambres; mais il avait senti chez elle comme une satisfaction de le voir.
- “ Quand tu te reposeras tu retourneras me voir et prendre le café avec ton frère Brahim.”
Mihoub n’était pas prêt à aller chez elle au début. Pourtant quand il posta la lettre de Zhor il décida, dans l’espoir de trouver chez elle du réconfort, de lui rendre visite. Tante Mérièm, comme l’appelait toujours Mihoub le fit entrer et l’invita à s’asseoir. Elle l’interrogea sur sa santé et celle de son père. Mihoub sirotait le thé qu’elle lui avait préparé.
Tante mérièm s’assit devant lui et dit d’un air grave :
-“ Mihoub, je te considère toujours comme Brahim mon propre fils, tu sais que nous étions moi et ta mère que Dieu la bénisse dans sa tombe comme des soeurs. Il faut que tu m’écoutes; il ne faut pas avoir honte. Ce que je vais te dire tu le sais peut être, mais je veux libérer ma conscience en te proposant mon aide.” Elle regarda Mihoub qui retint difficilement ses larmes; il acquiesça d’un hochement de tête puis il baissa la tête et s’en alla.
- “Oui, dit-elle d’un coup, elle était enceinte avant la célébration du mariage. Maintenant il lui reste peut être quelques jours pour accoucher, je ne peux pas me tromper dans mon calcul. Tout le monde en parle; les femmes l’ont vu au bain et toutes s'étaient aperçues de sa grossesse.
A suivre.......
4 Le retour
Dans le train qui le menait Mihoub ne put s’empêcher de penser à sa nouvelle vie qui allait commencer pour lui, celle qui l’attendait au bout du chemin. Tout ce qu’il voyait se transformait pour lui en des images qu’il penser rencontrer : Zhor, l’université, ses camarades. Omar, qui l’accompagnait, le rappelait de temps à autre par des remarques, des paroles :
-“ Je ne sais quand ce train arrivera, la prochaine fois nous feront le voyage en car…” puis, s’apercevant que Mihoub ne l’écoutait pas: “ Mihoub, tu parais soucieux, est ce que tu regrette ?” Mihoub fit non de la tête et souri à son ami qui ne pouvait demander plus pour être sur de la réaction de son ami.
Mihoub avait l’esprit ailleurs, il pensait fortement à Zhor et ne voulait pas être dérangé. L’université et les études ne représentaient rien en l’absence de Zhor. Il eu un sourire discret à cette pensée parce que Zhor était rassurée par ses parents qui l’encourageaient à poursuivre ses études. Les bruits se mélangeaient au cour de ses pensées.
La première chose que Mihoub fit à l’université c’était de chercher Zhor qu’il trouva. Ils eurent du mal à retenir leur larmes tellement ils étaient heureux de se voire. Zhor était à la fois surprise de le trouver ici et joyeuse de leur rencontre, Mihoub était aux anges il s’extasiait.
Ils se retirèrent dans un coin tranquille et se racontèrent les vacances. Mihoub parla surtout de la décision de son père de l’autoriser à poursuivre ses études. Puis aborda ses relations avec Rokaïa :
- “ Au lit elle me tourne le dos, dit-il, pourtant le jour elle se comporte normalement et ne cesse de folâtrer, je ne peux expliquer ce comportement bizarre.”
Zhor se taisait, le regard perdu; Mihoub chercha ses yeux, s’arrêta et l’obligea à le regarder en disant :
- “ je ne sais ce que cela veut dire, dit-il, peut être m'aideras-tu à expliquer cette attitude…. Je pense que c’est mieux ainsi, qu'elle me haïsse, parce que je cherche à me débarrasser d’elle.”
Zhor le coupa et lâcha d'un trait :
-“Elle est enceinte, Mihoub, elle l’était avant le mariage. Une amie qui est sa voisine me l’a dit. C’est pour ça qu’ils avaient précipité la date du mariage…. J’avais douté, maintenant, j’en suis sur.”
Mihoub, les yeux écarquillés, à la fois surpris et ému regardait Zhor dans les yeux, cherchant un réconfort.
à suivre....