<![CDATA[le sacrifice trahi]]> http://histoirevraie.dzblog.com Voici une histoire vraie dédiée à toutes les femmes à l'occasion du 8 Mars. fr Thu, 06 Mar 2008 17:38:43 GMT Thu, 06 Mar 2008 17:38:43 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[la soeure que je cherchais]]> http://histoirevraie.dzblog.com/article-222989.html       Nora est une femme qui ne manque apparemment de rien : mariée ayant 4 enfants, 3 garçons et une fillette, vivant à l’aise dans une maison qui lui appartient en toute propriété. Cependant, elle affronte un vrai problème : adoptée à sa naissance, sur son acte de naissance ne figure pas le père et elle porte le nom de sa mère ; c'est-à-dire qu’elle est une enfant illégitime; ce qui l’expose aux questions embarassantes de ses enfants. Elle connaît sa mère naturelle mais celle-ci a convenu avec elle de ne pas révéler son existence à son fils unique qu’elle veut, pour des raisons évidentes, tenir éloigner de cette histoire. Mais celui-ci, non seulement était au courant de l’existence de cette sœur illégitime mais, cherchait à la connaître.    

     Voici mon histoire et celle de ma soeure que j’ai toujours cherché sans y parvenir depuis ma tendre enfance et voilà qu’à 50 ans je la découvre enfin.

    

Cette soeur, étant née d'une relation illégitime,est demeurée inconnue de toute la famille.

   Mais moi, je me rappelle comme si cela datait d'hier avoir été avec ma mère dans une ville lointaine chez une femme, sur recommandation de ma tante maternelle qui avait accepté d'aider ma mère à mettre au monde l'enfant qu'elle portait. Ma tante avait aidé ma mère dans le seul but d'éviter le déhonneur pour la famille.

     Je me rappelle de tous les détails de sa naissance mais, une fois devenu grand, j'avais perdu le fil et ne su comment trouver cette soeur.Ma mère avait refusé d'aborder le sujet avec moi et c'était ainsi que de guerre lasse ,j'avais cessé d'espérer en tirer quelque chose d'elle, c'était aussi par respect que je cessais de lui poser la question. J'allais souvent dans cette ville et me mettais à observer les filles de son age en me disant que l'une d'entre elles était peut être ma soeur.J'avais envie de leur demander leur prénom mais je n'osais de peur des réactions. 

    le Mercredi 4 Juin 2008

        J'endurais cette situation et essayais d'en supporter le poids, en ne me doutant jamais de pouvoir un jour arriver à mon but: retrouver ma soeur maternelle, bien qu'étant naturelle ou illégitime ou issue d'une relation proscrite. Qu'importe, même si ma mère , pour des raisons évidentes, ne veut pas révéler son existence; moi au contraire, j'ai toujours été animé d'un désir profond de la connaître. Quel est son tort si elle est dans cette situation? Je suis conscient du tabou mais je ne veux que connaître une soeur dont je me rappelle de la naissance . Je continuais de chercher avec l'espoir de la retrouver qui ne m'a jamais quitté. 

  En me lisant et le faire savoir vous m'encouragez à continuer. Merci et; à la prochaine....    

]]>
Thu, 06 Mar 2008 17:38:43 GMT http://histoirevraie.dzblog.com/article-222989.html
le soulagement http://histoirevraie.dzblog.com/article-182332.html Mihoub regagna son lit et les deux garçons dormirent ….

 

Le matin ce fut Brahim qui se leva le premier. “Tante Meriem” était là elle aussi. Elle prépara le café. Quand Mihoub fut réveillé il était neuve heure. Quelques instants après,”Tante Miriem”, Brahim et Mihoub prirent le café ensembles.”Tante Miriem” découpait silencieusement les morceaux de pain tout en observant discrètement Mihoub. Celui-ci était pressé de savoir ce qui s’était passé mais se retenait par honte ou par crainte de la réponse. Soudain “Tante Miriem” rompis le silence en s’adressant à Mihoub :

 

-"Mon fils, il faut avoir du courage. Tu es encore jeune et ton avenir est devant toi; il y a tes études.….” Puis elle se tu, comme si elle ne savait ce qu’elle allait dire. Mihoub la considérait avec curiosité et impatience, Brahim surveillait les réactions de son ami.”Tante Miriem” lâcha en détournant son regard :

 

-         Elle vient d’accoucher !” Puis elle se précipita vers Mihoub et le dans ses bras celui-ci sanglotait comme un enfant. Elle essayait de le consoler.

 

-         Tu te remarieras et tu refera ta vie, tu es encore jeune…..Dieu t’es venu en aide pour te débarrasser de cette femme sans honneur.”

 

Elle lâcha Mihoub de ses bras, le regarda et remarqua qu’il s’était remis du choc. Le voyant ainsi , elle lui raconta que Rokaïa avait accouché d’un enfant de sexe masculin. Et ajouta à l’attention de Brahim :

 

-“Vous allez faire un tour dehors. Vous reviendrez pour le déjeuner….Attention ne laisses pas Mihoub tout seuloi e.” Puis souffla à l’oreille de son fils :

 

-          “Ne dis rien aux gens dehors sur ce qui s’est passé cette nuit.”

 

Les deux garçons sortirent. Mihoub avait l’impression que tout s’effondrait autour de lui. Cependant il était soulagé par la présence de Brahim. Celui-ci essayait de le divertir par des anecdotes et des blagues. L’après midi les deux amis allèrent au cinéma. Le film qu’ils virent plut beaucoup à Mihoub. Brahim faisait tout pour lui faire oublier son malheur. Ainsi ils passèrent la 2eme nuit ensemble. Le matin Mihoub décida d’aller chez lui malgré l’opposition de “tante Miriem” qui finit par dire :

 

-          “Bon je t’accompagne.”

 

En rentrant, Mihoub constata tout de suite l’irritation de Fatma. C'était visible quelque chose de grave venait de se passer. Et puis Si Salah claqua la porte nerveusement et sortit, il sembla surpris par la présence de Mihoub qu’il croyait chez “tante Miriem.

 

Un moment de silence puis la voix dure, rocailleuse et monotone de Si Salah se fit entendre :

 

-           “ maintenant que tu m’as déshonoré et déshonoré mon fis, je ne veux plus te garder chez moi. J'ai été naïf et j'avais trop confiance en toi, j'espère que Dieu te punira pour ton pêché."

Le père intervient à l'intention de sa fille :

- "Il faut que tu te débrouilles pour trouver où aller . Nous avons assez créer de problèmes à Si Salah comme ça" 

 

Sa femme le coupa en s’adressant à Rokaïa:

 

-          “Si au moins tu nous avais prévenu nous n’aurions pas créé des problèmes pour ce garçon si gentil.”

 

Mihoub, l’oreille collée à la porte, des larmes lui coulaient le long du visage, secouait la tête :

 

-         “ La vipère, comme si elle ignorait tout.” Se dit-il à l’adresse de sa belle mère.

 

Le père de Rokaïa s’adressa à Si Salah d’un air grave et solennel :

 

-          “ mon frère, vous avez été un brave homme à notre égard, maintenant faites de votre bru ce que vous voulez. De toutes les façons je ne l’accepterai plus dans ma maison.”

 

La mère ne put retenir ses larmes. Tout le monde observait le silence. Si Salah se leva.

 

-          “Elle n'est plus ma bru mais elle passera la nuit ici, dit-il à l’adresse de Rokaïa. Demain sa mère et sa tante lui trouveront un endroit.”

 

 Effectivement le lendemain Mihoub ne trouva pas Rokaïa. Il se prépara à quitter la ville pour rejoindre l’université. Comme il était soulagé ; il se sentait plein d’aise et d’espoir. Mais le choc ne cessait de le déchirer. En parcourant les rues il évitait au de rencontrer les gens de ses connaissance car la nouvelle avait vite de gagner toute la ville…. Dans le train Mihoub poussa un ouf de soulagement et d’espoir. Durant le trajet il ne parla à personne. En arrivant il alla vite rencontrer Zhor et lui raconta le dénouement de son histoire. Celle ci était à la fois heureuse et soucieuse : heureuse pour Mihoub qui était libéré d’un problème mais soucieuse quant au comportement de celui-ci.  

 

 

]]>
Sun, 30 Sep 2007 13:57:13 GMT http://histoirevraie.dzblog.com/article-182332.html
la délivrance http://histoirevraie.dzblog.com/article-164923.html -         « Il faut convaincre mon père » dit Mihoub d’une voix étouffée par les sanglots.

 -          « Je l’ai mise au courant ; il sait tout, il allait les renvoyer toutes les deux mais je lui ai conseillé de patienter pour ne pas créer un scandale eu égard au père de Rokaïa qui ignore certainement tout des manigances de Fatma et de sa femme. SI Salah va sûrement s’entretenir avec le père de Rokaïa. »

 Mihoub se tu, mais il était soulagé par les paroles réconfortantes de tante Mérièm et sachant que celle ci partageait avec lui le malheur qui le frappait. Il quitta la vieille sur ces paroles réconfortantes. Il marchait dans les rues sans savoir où il allait, regardait autour de lui sans rien voir, tellement il était absorbé par ses pensées. Ainsi en cheminant il se trouvait à la sortie du village toujours plongé dans ses pensées. Il était surtout embarrassé par l’idée de se voir un jour devant le juge et de lui expliquer comment il n’avait pu se rendre compte de la grossesse de Rokaïa. Celle ci pouvait le rendre responsable de cette grossesse et l’explication aurait été simple.

 -         « Mihoub ! Tu es là ? Je te croyais à l’université ! » C’était quelqu’un qui venait de le sortir du cour de ses pensées. Ils parlèrent un moment puis retournèrent ensemble au village.

     En rentrant chez lui, Mihoub constata tout de suite l’irritation de Fatma et l’absence de son père. C’était visible et puis Si Salah claqua la porte nerveusement, suivi du père et de la mère de Rokaïa. Mihoub compris et se hâta à entrer dans sa chambre. Il ne put s’empêcher de réfléchir, de penser, de revivre le passé ou d’essayer d’entrevoir l’avenir. Il éteint la lumière et essaya de dormir, sans résultat. L’angoisse s’empara de lui, ce qui exprimait son impuissance morale et sa solitude. À ce moment sa femme entra et alluma. Mihoub vit son visage blanc, ses yeux sans éclat. Elle se déplaçait difficilement, elle avait l’air épuisé, elle essayait de cacher un mal car elle grimaçait à chaque fois, les traits de son visage se durcissaient d’un moment à l’autre. Elle se coucha en silence. On éteint la lumière .Mihoub s’aperçut qu’elle étouffait faiblement ses gémissements. Elle se tourna d’un coté puis de l’autre, change plusieurs fois de positions et laissa entendre nettement ses gémissements. Puis lâcha une injure pleine de sens : « que dieu maudisse ceux qui m’ont mis dans cette situation. »

 Mihoub ne put comprendre, il resta silencieux. Rokaïa alluma. « Qu’est ce que tu as ? » Lui dit-il.

 -« J'ai mal au ventre. » Répondit-elle. Mihoub se couvrit et fit semblant de dormir. Il dormit réellement. Il se trouvait dans la forêt par une nuit noire. De toutes parts des animaux sauvages qui semblaient le menacer, puis le gémissement d’une personne souffrante. Mihoub regarda de tous les cotés et ne vit rien. Soudain des secousses le tirèrent de son sommeil.

 -« Mihoub, Mihoub ! aide-moi j’ai très mal au ventre. »

 Mihoub sorti très vite et alla frapper à la porte de la chambre de son père, Fatma lui ouvrit tellement vite qu'on dirait qu’elle attendait derrière la porte. Mihoub désigna sa chambre de la tête :

 -« Elle est malade. » Dit-il simplement.

 Le visage de Fatma devint blanc. Elle alla voire. Si Salah sortit à son tour. Mihoub resta debout. De son endroit lui parvinrent les paroles de Si Salah qui ressemblaient à des reproches ou des menaces puis il revient et dit à Mihoub de l’accompagner. Ils sortirent ensembles et allèrent droit chez “tante Mirièm”.on leur ouvrit. Si Salah entra en laissant Mihoub sur le pas de la porte; puis on lui dit d’entrer à son tour. “Tante Mirièm” dit à Mihoub :

 -« Mon fils tu restes avec ton frère Brahim jusqu’à mon retour et ajouta : vous pouvez dormir je prends la clef avec moi. »

 Brahim prépara le lit pour Mihoub à coté du sien et ils se couchèrent. Un fois la lumière éteinte, Brahim interrogea :

  -«  Qu’est ce qui se passe chez toi ? » Mihoub répondit : « Elle est malade. » Brahim alluma précipitamment : « Déjà ? »

 -         « Quoi? »

 -         « Elle va accoucher ? »

 -         « Non ! Elle est seulement malade, elle ne va certainement pas accoucher cette nuit. » Brahim souriait en regardant dans les yeux de Mihoub.

 -         «  Vraiment ? Elle est seulement malade et ne va pas accoucher cette nuit ? »

 -         « Pourquoi ? C’est ainsi que les femmes accouchent ? »

 -         « Bien sur ! »

 -         « Alors ?….. »

 -         « Oui …. »Dit Brahim en hochant la tête. Mihoub se dégagea brusquement de son lit, Brahim se précipita pour le retenir.

 -         « Où vas-tu? »

 -         « Je vais voire »

 -          « Voire quoi ? »

 -         « Tu ne feras que compliquer les choses, restes ici et demain nous verrons ce que nous pouvons faire .D’ailleurs nous ne savons même pas si elle accouche. Peut être est-elle seulement malade comme tu l’as dis. » Dit Brahim comme pour le réconforter. 

 

 

]]>
Thu, 19 Jul 2007 20:07:06 GMT http://histoirevraie.dzblog.com/article-164923.html
4 le retour (suite) http://histoirevraie.dzblog.com/article-121841.html -         “ Zhor, elle était vierge !” s’exclama-t-il

 -         “Tu ne peux comprendre les combines des femmes.” dit-elle dans un profond soupir, les yeux tristes.

   Mihoub était effaré, il ne pouvait croire ses oreilles. S’apercevant de son attitude, Zhor l’attira d’un geste :

 -         “viens, allons-nous en; et, ajouta, aies du courage.”

 Tout en marchant elle lui expliqua que la mère de Rokaïa et fatma avaient dupé son père pour lui montrer peut être que celui-ci n’était pour rien.

 -         “ C’est donc ainsi ?” Dit tout simplement Mihoub.

 -         “Oui ! Elle était enceinte depuis quelques mois déjà. Toutes les femmes s’en étaient aperçues au bain. Elle avait essayé de se faire avorter par une vieille femme mais l’opération a échoué, et c’est pour ça qu’elles s'étaient précipité pour célébrer les noces et consommer le mariage. Il paraît que quelqu’un avait prévenu ton père mais il n’avait pas voulu le croire. Je pense que tu ne peux en vouloir qu’à ta belle mère qui a tout arrangé.” Puis elle s’arrêta un instant le toucha au bras et lui dit en le regardant dans les yeux :

 -         “Je t’en supplie n’en souffles mot, l’important c’est que tu es au courant prends garde à ce qu’elle ne se fasse pas accoucher en secret et tu seras sauvé.”

 -         “ Tu appelles ça sauvé toi? Je suis plutôt englouti jusqu’au cou …” Ils ne s’étaient pas aperçu qu’ils étaient au milieu d’autres étudiants; le vacarme et l’agitation les empêchaient de continuer leur discussions.

 Les propos de Zhor furent un choc pour Mihoub. Ses paroles résonnaient encore dans ses oreilles. Il était à la fois hanté et soulagé : hanté parce qu’il ne s’était jamais imaginé victime d’une telle trahison, soulagé parce qu’il savait ce qu’on essayait de lui cacher.

        Ce soir, en dormant, il réfléchissait : son absence de la maison arrangeait les choses pour Fatma et sa nièce,ce qui expliquait pourquoi celle là ne s’était  pas opposé à la décision de Si Salah d’autoriser Mihoub à poursuivre ses études. Elles combineraient l’accouchement de Zhor sans que Si Salah ne s’aperçoive de rien. . Les paroles de Zhor furent un choc pour Mihoub. Ses propos résonnaient encore dans ses oreilles. Il était à la fois hanté et soulagé : hanté parce qu’il ne s’était aperçu de rien; soulagé, parce que ce fut une occasion de prouver le traquennard de Fatma et de se débarrasser de Zhor.

 

    En réfléchissant il prit la décision de retourner chez lui pour prouver la grossesse de sa femme et éviter le traquennard qu’elle et sa tante étaient en train de préparer.

      Le matin Mihoub annonça sa décision à Zhor.

 -         “ Je crois que c’est le meilleur moyen d’empêcher le pire et la meilleure occasion de me débarrasser d'elle définitivement.” Dit-il. Zhor méditait en le regardant :

 -         “ réfléchis Mihoub; c’est un meilleur moyen pour te débarrasser d’elle mais n’oublies pas que c’est la nièce de ta belle mère. En dénonçant Rokaïa tu dénonces aussi Fatma. Tu vas détruire le foyer de ton père….”

  Mihoub l’arrêta :

 -         “ peut être aurais-je aussi la chance de sauver mon père de cette vipère. Il se remariera.”

  Mihoub parlait d’un ton si décidé et d’une voix si dure que Zhor ne su que répondre et finalement acquiéça.

 Mihoub quitta l’université, heureusement pas pour toujours, car il espérait y revenir une fois sa mission terminée. Il savait qu’il devait affronter les questions de tout le village sur son retour prématuré :

 -“pourquoi es-tu revenu ?”

 -“je n’ai pas où loger, il n’y a pas de place; on nous a demandé de revenir plus tard lorsque les chambres seront prêtes; dans un mois, peut être même deux.”

 Il imaginait les taquineries de ses amis :

 -         “ Tu n’as pu tenir là-bas ; tu t’es habitué à la vie de marié.”

     Le plus que Mihoub craignait c'était la réaction de son père. Ce dernier étonna Mihoub par sa compréhension de la situation :

 -“ Bon puisque c’est ainsi, ne perds pas ton temps avec les voyous. Occupes-toi à lire te à réviser tes leçons.”

     Mihoub était soulagé mais il devait tout de suite penser à ce qu’il était venu réellement faire. En vérité il ne savait par quoi commencer; il devait se confier à quelqu’un. Mais tout de suite il rejeta cette idée parce que la situation ubuesque dans laquelle il se trouvait ne pouvait être comprise par n’importe qui et il risquait d’ébruiter son histoire et de s’attirer des problèmes et être la risée de tout le village.   

   Une fois reposé de son voyage, il commençait à rédiger une lettre à Zhor. Sans écrire l’en tête il commença :

     “ Heureusement que mon père ait accepté l’explication que j’ai donné de mon retour : un manque de chambres et le fait de retourner dans un mois ou deux à l’université. Me voici donc chez moi, elle est là : entrant et sortant visiblement embarrassée par ma présence. J’ai un livre devant moi sur lequel j’écris, et, à chaque fois qu’elle entre j’enfouis la feuille dedans et fais semblant de lire.

       C’est maintenant seulement que je me rends compte qu’elle est enceinte et c’est maintenant seulement que je commence à penser à ce que serait mon attitude lorsqu’elle accouchera. D’ailleurs me rendrais-je compte ? Combien lui restera-t-il ? Ce qu’elles préparent elle et sa tante ? A toutes ces questions je ne sais que répondre. Mais ce que je sais c’est l'expression de ses yeux noirs et perçants et de son visage que ni le maquillage outrancier ni les sourires forcés n’arrivent à cacher la trahison perfide et malheureuse. Chère Zhor je suis angoissé à l’idée qu’elle accouchera chez moi. Je serai la cible des plaisanteries, des moqueries et même de mépris de la part des gens du village. J’ai été victime de ce mariage duquel j'essaie de m’échapper maintenant. Mais je sais que c’est une occasion que je ne peux rater sinon je la subirais toute ma vie et je n’aurais aucune raison à invoquer pour mon père, qui ne veut pas s’embrouiller avec les parents de Rokaïa, pour me séparer d’elle. Je pense me confier à tante Mirièm qui peut m’aider au moins moralement. Pourquoi ne le ferait-elle pas ? Elle sait tout.

   Chère Zhor, l’espoir est toujours présent ; j’ai confiance en l’avenir. Le malheur se dissipera et nous nous reverrons ; je reviendrais à l’université et tout sera terminé. Sois tranquille tout se passera bien…. Il n’y a que toi qui me manques. Te rends –tu compte combien j’aurais voulu t’avoir auprès de moi ? Je me réconforte par l’écriture en pensant que tu penses aussi à moi. Car, c’est peut être par la pensée que tu m’aideras."

       Ce que Mihoub n’avait pas écrit dans sa lettre c’était qu’il avait rencontré tante Mirièm dans son chemin à la maison.

         "J’étais la vraie amie de ta mère que dieu la bénisse dans sa tombe, disait-elle à Mihoub à chaque fois qu’elle le rencontrait, nous étions des soeurs devant Dieu”.Tante Mirièm était une vieille voisine et amie de sa défunte mère dont elle ne cessait d’évoquer les qualités devant Mihoub au point d’irriter parfois Fatma qui esquissait un geste de dépit devant tant de louanges de la mère de Mihoub. Cette fois elle ne manqua pas de le lui rappeler. Mihoub lui avait expliqué son retour, comme à tous les autres, par le manque de chambres; mais il avait senti chez elle comme une satisfaction de le voir.

 -         “ Quand tu te reposeras tu retourneras me voir et prendre le café avec ton frère Brahim.”

     Mihoub n’était pas prêt à aller chez elle au début. Pourtant quand il posta la lettre de Zhor il décida, dans l’espoir de trouver chez elle du réconfort, de lui rendre visite. Tante Mérièm, comme l’appelait toujours Mihoub le fit entrer et l’invita à s’asseoir. Elle l’interrogea sur sa santé et celle de son père. Mihoub sirotait le thé qu’elle lui avait préparé.

  Tante mérièm s’assit devant lui et dit d’un air grave :

        -“ Mihoub, je te considère toujours comme Brahim mon propre fils, tu sais que nous étions moi et ta mère que Dieu la bénisse dans sa tombe comme des soeurs. Il faut que tu m’écoutes; il ne faut pas avoir honte. Ce que je vais te dire tu le sais peut être, mais je veux libérer ma conscience en te proposant mon aide.”  Elle regarda Mihoub qui retint difficilement ses larmes; il acquiesça d’un hochement de tête puis il baissa la tête et s’en alla.

 -         “Oui, dit-elle d’un coup, elle était enceinte avant la célébration du mariage. Maintenant il lui reste peut être quelques jours pour accoucher, je ne peux pas me tromper dans mon calcul. Tout le monde en parle; les femmes l’ont vu au bain et toutes s'étaient aperçues de sa grossesse.

                                 A    suivre.......

 

]]>
Mon, 29 Jan 2007 08:43:55 GMT http://histoirevraie.dzblog.com/article-121841.html
4. le retour http://histoirevraie.dzblog.com/article-101336.html

4 Le retour

 

   Dans le train qui le menait Mihoub ne put s’empêcher de penser à sa nouvelle vie qui allait commencer pour lui, celle qui l’attendait au bout du chemin. Tout ce qu’il voyait se transformait pour lui en des images qu’il penser rencontrer : Zhor, l’université, ses camarades. Omar, qui l’accompagnait, le rappelait de temps à autre par des remarques, des paroles :

 

-“ Je ne sais quand ce train arrivera, la prochaine fois nous feront le voyage en car…” puis, s’apercevant que Mihoub ne l’écoutait pas: “ Mihoub, tu parais soucieux,  est ce que tu regrette ?” Mihoub fit non de la tête et souri à son ami qui ne pouvait demander plus pour être sur de la réaction de son ami.

 

   Mihoub avait l’esprit ailleurs, il pensait fortement à Zhor et ne voulait pas être dérangé. L’université et les études ne représentaient rien en l’absence de Zhor. Il eu un sourire discret à cette pensée parce que Zhor était rassurée par ses parents qui l’encourageaient à poursuivre ses études. Les bruits se mélangeaient au cour de ses pensées.

 

  La première chose que Mihoub fit à l’université c’était de chercher Zhor qu’il trouva. Ils eurent du mal à retenir leur larmes tellement ils étaient heureux de se voire. Zhor était à la fois surprise de le trouver ici et joyeuse de leur rencontre, Mihoub était aux anges il s’extasiait.

 

  Ils se retirèrent dans un coin tranquille et se racontèrent les vacances. Mihoub parla surtout de la décision de son père de l’autoriser à poursuivre ses études. Puis aborda ses relations avec Rokaïa :

 

-         “ Au lit elle me tourne le dos, dit-il, pourtant le jour elle se comporte normalement et ne cesse de folâtrer, je ne peux expliquer ce comportement bizarre.”

 

Zhor se taisait, le regard perdu; Mihoub chercha ses yeux, s’arrêta et l’obligea à le regarder en disant :

 

-         “ je ne sais ce que cela veut dire, dit-il, peut être m'aideras-tu à expliquer cette attitude…. Je pense que c’est mieux ainsi, qu'elle me haïsse, parce que je cherche à me débarrasser d’elle.”

 

 Zhor le coupa et lâcha d'un trait :

 

-“Elle est enceinte, Mihoub, elle l’était avant le mariage. Une amie qui est sa voisine me l’a dit. C’est pour ça qu’ils avaient précipité la date du mariage…. J’avais douté, maintenant, j’en suis sur.”

 

Mihoub, les yeux écarquillés, à la fois surpris et ému regardait Zhor dans les yeux, cherchant un réconfort.

         à   suivre....

 

 

]]>
Thu, 23 Nov 2006 08:21:24 GMT http://histoirevraie.dzblog.com/article-101336.html
3 la fête (suite) http://histoirevraie.dzblog.com/article-80646.html 3  la fête  (suite)

    Le soleil pointait son nez, les gens commençaient à envahir les rues, en somme l’habituelle activité matinale. Mihoub se sentait épuisé comme s’il avait travaillé toute la nuit. En fait depuis quelque temps il ne dormait presque plus.  Comment sa mère ne s’était-elle pas aperçu de la fatigue qui se lisait sur ses yeux tellement il passait des nuits blanches ? Se demandait-il intérieurement. Il passait ses nuits à penser à son avenir avec Rokaïa, ne pensant au passé qu’en pensant à Zhor. Il méditait beaucoup sur ce qui allait lui arriver. Le passé ne comptait pour lui qu’avec Zhor et l’avenir s’assombrissait avec Rokaïa. Sa vie avec Zhor se terminait avec l’année scolaire car celle-ci était autorisée par ses parents à poursuivre ses études à l’université. Pendant les vacances elle allait toujours les passer chez ses grands parents qui habitaient la campagne et qui eux aussi, d’après Zhor l’encourageaient à poursuivre ses études et étaient fières d’elle. La reverrait-il après ces vacances et même s’il la reverrait pouvait-il la convaincre qu'il était forcé à ce mariage ? Il sait, comme elle le lui a plusieurs expliqué qu'elle était parfaitement consciente de sa situation mais Mihoub voulait se convaincre lui-même de sa bonne foi envers celle qu'il aimait. Espérait-elle un refus de sa part ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       Mais ce qui le tracassait le plus c’était cette sorcière de Fatma, qu’il continuait à appeler “ma mère” par respect pour son père, qui était la cause de tous ses malheurs.

    Mihoub avait pensé à toutes les issues pour échapper à ce mariage forcé: quitter la ville comme Rachid, qui était d’ailleurs le seul à lui conseiller cette solution, chercher du travail et vivre reclus de tous parce qu’il s’aurait attiré le mépris de son père? Zhor le lui avait déconseillé. “Il faut obéir à tes parents"avait-elle dit. Quelle sublime réflexion qui débordait de bonté et tendresse pour Mihoub. Il était émerveillé par son comportement. Heureusement qu’il la revoyait chaque jour ce qui le réconfortait. Les moments passés au lycée étaient pour lui les plus précieux.

   Cette journée passait semblable aux autres. Il revit Zhor à la sortie comme ils avaient pris l’habitude de le faire, loin des regards pour éviter les ragoûts redoutables surtout pour la fille mais dans le cas de Mihoub et Zhor ils l’étaient beaucoup plus pour lui que pour elle.

       Paradoxalement ils s’entretenaient beaucoup de l’avenir qu’ils ne partageaient pas. Bien qu’ils savaient qu’ils allaient se séparer, ils se parlaient comme s’ils allaient vivre ensembles. Ce qui comptait pour Mihoub c’était ce réconfort que lui procurait la compagnie de Zhor. Elle aussi, jouissait de ses moments de bonheur passés avec Mihoub. Curieusement il se sentait de plus en plus proche d’elle ; il lui dévoilait tous ses sentiments et lui racontait en détail ce qui se passait à la maison son comportement et ceux de son père et sa mère. Zhor aussi se sentait de plus en plus proche de lui et pourtant elle ne pouvait le considérer autrement que comme un confident. Comme il aurait souhaiter que ces moments ne terminaient plus mais hélas la réalité était impitoyable envers eux il fallait se séparer et revenir à la réalité après les fantasmes diurnes passés au lycée et après avec Zhor. Le lendemain tout reprenait….

      Le baccalauréat passa. Mihoub savait qu’il allait être admis d’ailleurs tous les camarades s’accordaient à l’affirmer. Zhor, qui comptait beaucoup sur cet examen plus que Mihoub, aussi était une élève studieuse et intelligente. Pour Mihoub le baccalauréat ne comptait pas beaucoup parce qu’il pensait plus à ce qu’il allait devenir avec Rokaïa qu’à cet examen qui ne lui servait à rien puisqu’il ne peut même pas en profiter pour rencontrer Zhor, lui qui était subjugué pour les études supérieurs.

      Après la proclamation des résultats, Mihoub ayant été admis, organisa une fête à cette occasion. C’était uniquement pour échapper aux reproches et remarques de ses camarades qui insistèrent pour les inviter et pouvoir partager la joie avec lui. “Après tout tu vas bientôt te marier et nous laisser sur le carreau.” avait plaisanté l’un d’eux. Mihoub ne pouvait qu’acquiescer.

           Quelques jours auparavant “sa mère” lui avait annoncé sur un air de gaîté : “ Le mariage aura lieu le mois prochain.” C’était drôle que des gens décidaient pour lui et à sa place; alors qu’il ne disposait lui que le pouvoir d’approuver sans brancher et ce au nom du respect pour son père. Il pensait à l’abus dont usait Fatma pour lui faire accepter ce mariage arrangé pour sauver sa nièce et sa soeur du déshonneur.

      Mihoub était hanté par l’idée qu’il allait se marier. Alors que Zhor allait goutter aux délices des vacances après une année de durs efforts. Elle était allée à la campagne comme les précédentes vacances. Ne lui avait-elle pas dit avec les larmes aux yeux, après qu’elle eu su qu’ils avaient décroché tous les deux leur bac : “ L’année prochaine nous nous rencontreront à l’université.” A-t-elle oublié que lui n’irait pas à l’université ? Et qu’il allait se marier ? Non, elle ne pouvait oublier mais elle l’avait fait pour montrer sa ténacité et aussi, peut être, exprimer un espoir. “ Quelle magnifique fille !” se dit tout bas Mihoub. Ce serait de la lâcheté que de quitter une fille qu’on avait aimé,avec on s’était fortement lié, qui vous avait procuré tant de réconfort, tant de plaisir,avec qui vous aviez souhaité tant vivre et ne quittait votre esprit que rarement. Une fille pour laquelle et autour de laquelle vous aviez construit tout votre avenir.

   C’était ainsi que méditait Mihoub dans un coin de la salle. Il semblait être absent de l’ambiance qui y régnait. Il n’écoutait ni les chants qui pourraient lui faire oublier celle qu’il aimait,ni les sons de la ghaïta et les battement de derboukas ; son esprit vivait loin de ce tapage qu’il espérait qu’il cessa. Il regardait ses convives sans les voire avec des yeux absents.

    Tous ces visages rieurs, tous ces jeunes indécis,distraits et absorbés par la musique et les chants n'avaient aucune importance pour lui. Il vivait dans ses rêves loin d’eux,il vivait avec Zhor.

      A une heure tardive de la nuit tout cessa et Mihoub était soulagé de se trouver seul avec ses pensées. Il n'eut pas envie de dormir, même d’enlever ses vêtements. D’ailleurs il y avait longtemps qu’il avait perdu le goût du sommeil profond. Il se mis dans son lit pris un livre mais ne put s’empêcher de penser à Zhor. Pour dormir, Mihoub essaya de chasser son image de son esprit en vain. Cependant il continuait à tenir le livre entre les mains, ses yeux regardaient les pages, mais il ne voyait rien. Les lignes, les mots et les lettres se transformaient en images parfois joyeuses et plaines de bonheur avec Zhor parfois lugubres et tristes avec Rokaïa. Mihoub mis les mains sur yeux et pensa longuement comme pour vaincre l’insomnie.           

    De dehors retentit la voix du muezzin appelant à la prière. Mihoub regarda la montre il était trois heures et demis. Il s’allongea et essaya de dormir et cette fois il dormit.

   “Félicitations, Mihoub “ tout le monde dans la rue le félicitait mais il ne sait  si on le félicitait pour sa réussite au bac ou pour son mariage. Il ne pouvait le dire et ne voulu le savoir. Il avait eu bizarrement l’impression que les parents de Rokaïa ou les siens annuleraient le mariage; et il avait cru à cette fausse impression car en réalité ceux-ci demandèrent même à Si Salah d’activer les préparatifs et le mariage. C’était surtout Fatma qui était curieusement plus pressée :

 -         “ Il faut célébrer le mariage pendant ces jours sinon on va être en retard” dit-elle. Si Salah ne pouvait qu'approuver :

 -         “C’est à toi que je laisse le soin de préparer tout comme tu le fais depuis le début.”

 Au soir Fatama annonça à Mihoub:

 -         “Le mariage aura lieu la semaine suivante…Nous sommes prêts, et nous n’avons pas à attendre.”

             Mihoub entra dans sa chambre ferma la porte et se mit à réfléchir : Elle avait dit “nous n’avons à attendre”. Pourquoi tout cet empressement ? Il se voit devant l’officier public à côté de Rokaïa qu’il savait qu’elle était amoureuse d’un autre et qui allait devenir par le fait d’une signature sa femme. Pouvait-il, lui, à la dernière minute refuser ? Ce serait une humiliation pour son père qu’il plaignait pour avoir laisser son sort aux mains de Fatma. Comment expliquer cette attitude du père qui n’agissait dans ce mariage que par ce que Fatma avait décidé ? Les autres disaient que c’était l’effet de la sorcellerie dont aurait usé Fatma pour amadouer Si Salah; mais Mihoub, qui avait été influencé par ses maîtres et professeurs dans un esprit cartésien, ne croyait pas à ces sornettes. Pour lui son père se laissait dominé par sa femme dans cette affaire de mariage, c’était tout. C’était aussi pour cette raison que Mihoub avait toujours espéré un changement d’attitude de la part de son père. Il avait espéré ce changement d’attitude au moins pour aller à l’université. Il n’avait jamais affronté son père dans aucune question et leur communication se limitait au stricte minimum. Il ne pouvait d’ailleurs jamais un instant penser tenir tête à son père dans aucun sujet. Il ne le craignait pas parce qu’il ne l’avait jamais brutalisé ou sermonné mais il lui vouait un profond respect comme les anciens le faisaient pour leurs parents; il espérait en retour un geste compréhensif.

   On frappa à sa porte,il ouvrit et trouva Fatma au seuil. Elle lui dit:

 -         “ Ton père t’appelle, il veut te parler.” Et retourna à la cuisine.

 -         “Bonsoir père.” Mihoub s’assoie. Il avait peur de ce que son père allait lui dire. Celui ci leva vers lui ses yeux que Mihoub cru voir pour la première fois et qu’il devait affronter tellement la décision paraissait grave :

 -         “Mihoub, commença-t-il , plusieurs des parents de tes camarades qui iront à l’université l’année prochaine m’ont parlé et comme eux tu vas toi aussi aller à l’université.” Ces paroles étaient prononcées simplement et d’une voix monocorde. Et le père ajouta:

 -         “Mais n’oublies pas tes parents mon fils ,d’ailleurs tu m’as toujours obéï et je suis fière de cette obéissance.”

              Mihoub eu de la peine à cacher sa joie. N’était ce son humilité devant son père il lui aurait sauté au cou et l’aurait embrassé pour le remercier. Il était impatient d’annoncer la nouvelle à ses camarades; c’était une façon de les remercier de l’avoir aidé par l’intermédiaire de leurs parents qui avaient convaincu son père bien que le rôle de Rachid n’avait pas été négligeable car, sachant ne pas être entendu par Si Salah il avait plaidé sa cause auprès de son père à lui qui aurait certainement rallié d’autres surtout des parents des camarades de Mihoub : “Après tout pourquoi priver la famille d’avoir un universitaire? Si Salah avait fini par céder. Ce qui n’avait pas plu à Fatma mais sa décision était prise; il avait donné sa parole aux parents des camarades de Mihoub et il ne pouvait reculer et être la risée des gens pour avoir suivi les conseils de sa femme en dépit de la parole donnée car tout le monde savait que l’histoire de Mihoub était l’oeuvre de Fatma. Mihoub avait cru un instant que ce mariage aussi était annulé mais il se rendit à l’évidence une fois isolé dans sa chambre que la décision de son père concernait uniquement la poursuite de ses études. Fatama lui avait annoncé quelques instants auparavant que les noces auraient lieu la semaine prochaine. Il remarqua le visage fermé de Fatma car la décision de Si Salah ne réjouissait pas

        Après le dîner il souhaita bonne nuit à son père et le quitta pour aller dans sa chambre. Il aurait voulu sortir dans la rue et crier :”J’irai à l’université!". Il était surtout impatient d’annoncer la nouvelle à ses camarades et surtout à Zhor qui avait toujours cru qu’ils iraient ensembles à l’université. Cette nuit il dormi d’un sommeil de plomb et il en profitait tellement car voilà longtemps qu’il n’avait dormi aussi profondément.

    Cependant le matin Mihoub devait affronter la réalité : son mariage avec Rokaïa. Il était hanté par ce mariage auquel il ne pouvait malheureusement échapper. Parmi ses camarades il se trouvait toujours quelqu'un pour lui rapporter que Rokaïa et Khaled se sont vu. Ce matin Mihoub était pressé de rencontrer quelqu’un à qui annoncer la nouvelle; il en rencontra effectivement un qui s’empressa, avant que Mihoub ne le salua, de lui dire : “ Hier j’ai vu Khaled avec Rokaïa, ils étaient ensembles.” Mihoub le coupa net :"je n’en crois pas un mot !” N’y croyait-il pas vraiment ? Dans son profond intérieur Mihoub savait que c’était vrai. Sinon ces paroles auraient provoqué une réaction violente de la part de Mihoub. D’ailleurs même Rokaïa semblait depuis quelques temps faire de la provocation ; on dirait qu’elle cherchait le scandale pour rompre peut être car ses parents refusaient d’accorder sa main à Khaled. Par cette réponse il voulait dire que ce qui importait pour lui c’était de pouvoir poursuivre ses études et ne pas perdre de vue Zhor. Puis il annonça à son copain : “ Mon père m’autorise à aller à l’université.”

 -“Ah ça c’est une bonne nouvelle, Mihoub, nous irons ensembles donc.”   

    Ils allèrent ensembles trouver les autres camarades pour leur annoncer la nouvelle. Ceux ci essayaient le plus possible de ne pas lui parler de son mariage : ils avaient compris qu’il était forcé et avaient aussi de la pitié pour lui.

    Après les noces Mihoub passait ses journées dans sa chambre refusant de sortir. Il passait son temps à lire et à écouter la radio. Il ne parlait que rarement à Rokaïa, sa femme. Il éprouvait un sentiment bizarre pour elle. Quand elle lui adressait la parole il se contentait de la regarder avec un mélange de dégoût et de pitié. Le dégoût parce qu’il ne l’aimait pas, quant à la pitié c’était parce qu’elle aussi, et plus que lui, était victime des coutumes et de la morale qui recommandaient le respect pour les parents. Elle aussi aimait un autre garçon comme lui il aimait une autre fille. Il se senti haï par elle; pourtant elle ne l’avait jamais laisser paraître mais c’étaient des sentiments qui se vérifiaient aux comportements.

          La nuit quand ils dormaient Rokaïa lui tournait toujours le dos; Mihoub ne comprenait pas cette attitude. Était-ce une expression de haine ? Mihoub le souhaitait. Pourtant le jour quand elle lui apportait à manger s’attardait devant lui et le contemplait et ne le quittait que lorsqu’elle voyait qu’il était vraiment agacé par sa présence et pour éviter de recevoir une rebuffade.

     Intérieurement il ne se rendait pas compte d’un changement dans sa vie; le mariage ne l’avait pas changé. Il pensait à Zhor, à l’université, à ses camarades car on dirait que la décision de son père, l’autorisant à aller à l’université, l’avait sauvé du désespoir. Autant il était reconnaissant envers son père de l’avoir ainsi sauvé autant il en voulait à “sa mère” de l’avoir empêtré dans ce mariage qui n’arrangeait que les affaires et ne résolvait que les problèmes d’autres personnes. Il passait ses journées à imaginer sa vie à l’université et seules les allées et venues de Rokaïa dans sa chambre, sa voix et celle de Fatma vinrent troubler de temps à autre les monotones pensées de Mihoub. Ainsi durant de longues journées de solitude, lisant des livres, écoutant la radio et ne sortant que rarement, Mihoub passait les plus longues vacances de sa vie.       

     Le soir, au lit Rokaïa lui tournait toujours le dos. Mihoub n’arrivait pas à comprendre cette attitude. Le haïssait-elle ? C’était ce qu’il souhaitait. Pourtant il ne savait rien ou ne voulait rien de ses sentiments à son égard. Pourtant le jour quand elle lui apportait à manger, car c’était la seule occasion dont elle pouvait profiter pour sonder ses sentiments envers elle, elle essayait de batifoler, se disant peut être que Mihoub, comme tout nouveau marié, profiterait de ses moments pour s’amuser avec elle. Mihoub, sans la choquer ou écorcher sa sensibilité, montrait un certain agacement et paraissait pressé de retrouver sa solitude.

      Puis le jour de la rentrée universitaire arriva. Le matin de son départ Mihoub alla trouver n père, celui-ci ne pouvait ménager ses derniers conseils :

 -         “Tache de bien travailler, d’être un homme correct pour honorer les tiens, et pour que je sois fier de toi. Ne fréquentes pas les mauvais garçons, ne fait pas comme le chien de Rachid.”  A l’évocation de Rachid Mihoub baissa les yeux, se leva, embrassa son père et le quitta.

 

 

 

]]>
Sun, 17 Sep 2006 08:12:35 GMT http://histoirevraie.dzblog.com/article-80646.html
le sacrifice trahi http://histoirevraie.dzblog.com/article-67926.html    

 

                                                     3 La fête

 

 

- “ Nous fêteront le mariage et Mihoub se mariera avec Zhor. Tu verras il finira par l’aimer : ça c’est mon affaire et je m’en occuperai.

 

-         Oui, Soeur Fatma, ils avaient l’air de s’aimer. Il faut faire vite sinon ce sera trop tard. Il faut parler à Si Salah il faut lui dire la vérité et le convaincre que c’est pour sauver l’honneur de la famille…..

 

-         Non ! Je ne veux surtout pas que Si Salah le sache. Je te dis que je m’en occupe ne te fais aucun souci pour ça. Et puis Mihoub quittera le lycée cette année il ne la reverra plus parce qu’il n’y a qu’au lycée qu’ils se rencontrent. Ah ! Si je la connaissais cette vipère.”

 

   Fatma avait réussi à convaincre sa soeur. Effectivement Mihoub arrivait en classe de terminal. Son père lui avait demandé d’arrêter les études après le baccalauréat. “Pour subvenir aux besoins de la famille, car je suis devenu vieux et je ne peux le faire tout seul par ces temps difficiles”. Avait dit Si Salah à son fils Mihoub.

 

    Mihoub aussi pensait abandonner les études et chercher un travail, mais en vérité il voulait continuer ses études supérieures dont il avait tant envie. C’était ainsi que dans les discussions entre camarades il répondait toujours : “Je verrai après le bac.”Il voulait dire par cette réponse qu’après le bac son père changerait peut être d’avis et le laisserait satisfaire son désire de faire des études supérieures. Cette situation était-elle compatible avec son mariage ? Il se posait cette question parce qu’il connaissait le fils de hadj Kaddour qui étudiait et travaillait en même temps. Car Mihoub se trouvait entre deux alternatives inconciliables pour son père et sa mère : se marier ou continuer ses études. A l’opposé de Zhor qui lui avait dit :

 

 “ Mes parents me recommandent de continuer après le baccalauréat.” Son père à lui avait des idées préconçues sur les jeunes qu’il connaissaient et qui avaient fréquenté l’université : il les trouvait étrangers aux us et coutumes, avec leur longs cheveux et des habits excentriques. Pour Si Salah, ces gens étaient des impies et si son fils allait à l’université il risquait d’être influencé et il le perdrait à jamais. Pour Mihoub, en se mariant, il se soumettrait aux voeux de son père et c’était l’essentiel. C’était la raison pour laquelle il pensait sérieusement au mariage. Fatma aussi disait souvent et distinctement pour que Mihoub l’entende :

 

 “ Me voici devenue incapable de m’occuper correctement de mon foyer…” et d’ajouter après un soupir :” Le jour où je marierai Mihoub je me reposerai”. Donc tout son entourage était pour le marier et il n’avait trouvé que son cousin Rachid pour le défendre et à qui un jour Si Salah, qu’il venait de saluer, dit d’un ton ferme : “ Laisses mon fils tranquille et évite lui tes conseils, je ne veux pas qu’il soit comme toi.”

 

  Rachid avait quitté le village pour aller travailler en ville. Il s’était marié avec une collègue de travail. Ses parents n’avaient accepté ce mariage qu’à contre coeur. Depuis, Rachid ne venait voir ses parents qu’à l’occasion de l’Aïd ou un évènement important. Mihoub écoutait patiemment ses conseils, il ne lui répondait que par des hochements de tête ou le regardait timidement, étant son aîné de plusieurs années, avec des yeux pleins d’envies.    

 

     Ce jour là Rachid venait à la rencontre de Mihoub avec un large sourire moqueur. Ils s’embrassèrent longuement puis Rachid dit : “ Félicitation, Mihoub”. Ce dernier ne répondit pas. Rachid devint sérieux :

 

-“Frère Mihoub, à ta place j’aurais agi différemment, il faut penser à ton avenir.  Cette vipère tout le monde au village la connaît; pour moi ça ne mérite pas le sacrifice que tu fais.

 

-         “C’est ma mère qui est à l’origine, mon père n’est pour rien mais c’est pour lui que j’accepte.” Répondit Mihoub

 

-     Oui ta mère veut faire de sa nièce sa bru et en même temps éviter le déshonneur, mais toi qu’est que tu gagnes?

 

-         “D’ailleurs je te fais une confidence : si je le fais c’est pour demander à mon père de me laisser suivre mes études en retour. Qu’est que tu en dis ?”

 

Rachid ne répondit pas. Il salua son cousin, lui promit une prochaine rencontre et s’en alla laissant Mihoub, rêveur.

 

  Le soir à la maison, Mihoub pensait aux paroles de Rachid en regardant Fatma servir le dîner. A cet instant ses yeux rencontrèrent celles de sa mère il eut un sentiment bizarre  qu’il n’avait jamais éprouvé auparavant .Son père qui était en face remarque son comportement et s’écria à la direction de Mihoub: “ Manges! Qu’est que tu as ?”

 

- “Rien “. Répondit-il, gêné. Le dîner se poursuivit dans un silence opaque que seuls les sons provenant de la télévision troublaient.        

 

      Le lendemain il se levait comme d’habitude lorsque "sa mère" s’approcha de lui :

 

-“ Ton père et moi travaillons pour préparer ton mariage. Ce sera le meilleur mariage du village.” Dit-elle. Mihoub achevait de boire son café en silence. Un instant il leva vers elle sa tête comme pour faire une importante déclaration mais ne dit rien, laissant Fatma de pétrifiée par son attitude qu’elle trouva certainement bizarre mais se garda de réagir. Mihoub mis son pardessus et se dirigea vers la sortie pour aller au lycée; un jour semblable aux autres jours commença.

 

]]>
Tue, 01 Aug 2006 16:30:53 GMT http://histoirevraie.dzblog.com/article-67926.html
le sacrifice trahi http://histoirevraie.dzblog.com/article-50640.html                          L'histoire qui va suivre se passe  au début des années soixante dix dans un village de l'ouest algérien.Les traditions étaient encore figées. Donc les relations garçon-filles étaient presque impossibles dans les villages ,sauf en secret bien gardé.Le téléphone était peu répondu, les relations entre amoureux se faisaient surtout par lettre. 

                                           1             Les  fiançailles

         Aux bas fonds des montagnes, dans un Douar solitaire, en une nuit éclairée par une lune estivale, dans un silence de plomb retentirent des yous yous. Le cheikh venait de prononcer  les paroles divines  déclarant l’union matrimoniale.   Commencèrent alors chants et danses aux rythmes de derboukas entrecoupés de rires  et yous yous de femmes en allégresse. 

 

 

    Cette scène, Fatima la revit aujourd’hui. C’était il y’a longtemps à l’occasion de son mariage. Cette fois, c’est au quatrième étage, dans la ville illuminée et bruyante, qu’elle fête les fiançailles de sa nièce rokaïa avec son beau-fils Mihoub. Celui-ci perdit sa mère à l’age de trois ans et son père,que tout le monde appelle Si Salah, ne trouva d’autres moyens pour l’élever que de se remarier avec Fatima, répudiée, auparavant, pour stérilité. Elle était une femme laide,  parlait d’une voix enrouée, toujours plus fort, jamais plus bas, s’occupait peu de sa toilette et beaucoup de sa maison, elle aimait les enfants mais n’en avait jamais eu. Sur sa stérilité elle en avait plusieurs fois parlé à  Si Salah, son mari mais celui-ci avait toujours répondu : «  Dieu m’a offert un fils je ne veux pas en avoir d’autres. » et il se taisait, l’air  pensif.  

 

 

         La mariée, elle, qui dépassait la vingtaine, n’était pas jolie mais qui, comme toute jeune mariée en pareille circonstance s’était parée de ses plus beaux habits que sa mère avait du lui acheter il y’a deux ou trois ans plus tôt pour cette occasion, s’était maquillée et coiffée avec les plus grands soins. Ses yeux et son visage exprimaient une joie immense que ses convives, des jeunes filles de son âge, admiraient avec envie. Elles entouraient Rokaïa tout en essayant de s’en approcher le plus possible pour goûter à son parfum et toucher sa séduisante robe.  

      Fatima allait et venait, exprimant sa joie le mieux qu’elle pouvait. Plusieurs fois en entrant servir le thé elle profita pour effectuer un tour de danse, applaudie par l’assistance. Elle vint souffler à l’oreille de sa sœur, la mère de Rokaïa : «  Je suis heureuse, je vais avoir la fille de ma sœur comme brue ! »  

       Rokaïa aussi était heureuse de fêter ses fiançailles avec Mihoub, non parce qu’elle l’aimait mais simplement parce qu’elle se mariait avec un jeune homme promis à un bel avenir. Mais ce n’était pas tellement cela qui la rendait heureuse c’était le fait «d’occuper sa place » parce qu’elle aurait eu du mal à être demandée par quelqu’un d’autre en plus du fait qu’elle connaissait Mihoub. C’était un garçon qui se limitait à ses études au lycée ; il  ne fumait pas, ne buvait pas, ne parlait  que rarement aux jeunes filles de son âge et se gênait parfois lorsqu’il croisait l’une d’elles dans la rue, il se limitait à lui adresser un sourire ou un regard furtif. Bref, C’était le genre de garçon dont rêvaient toutes les jeunes filles du village.  

   Mihoub avait été peiné par la mort de sa mère et il avait été difficile à Fatima de l’en consoler même si elle s’était comportée comme si elle avait été la sienne. Ainsi il avait fini par la considérer comme sa vraie mère.    

     Mihoub avait refusé ce mariage lorsque Fatma lui avait parlé de sa nièce Rokaïa, mais celle ci qu’il appelait d’ailleurs « maman » avait fini par le convaincre que c’était là le vœux de son père et celui-ci, sous la pression de sa femme, lui envoya Tahar lui dire : « Il ne faut pas que tu me déhonore, parce que j’ai déjà parlé au père de la fille. »  

      Mihoub n’avait aucun sentiment pour Rokaïa. Il la considérait certainement avec tendresse mais rien de plus.  

              Cette nuit Mihoub était resté seul à la maison car les fiançailles se fêtaient au domicile de la fiancée. Il refflichissait seul dans sa chambre, il ne pouvait dormir. Il pensait fortement à son avenir avec Rokaïa, la fille de sa « tante », et ce qu’il avait entendu dire sur elle. Il l’avait souvent vu, le matin en allant au lycée ou en revenant, à la fenêtre de leur appartement gesticulant amoureusement à l’adresse d’un garçon qu’il avait fini par apercevoir un jour, mais il n’avait pas voulu donner de l’importance à ces gestes, enfantins pour lui. Ensuite il y avait son père qui voulait ce mariage et qu’il ne voulait pas contrarier et pour le profond respect qu’il avait pour lui.

                                              2          LA SEDUCTION 

 

 

                    Le  lendemain Mihoub était encore marqué par la nuit blanche qu’il venait de Passer en solitaire dans sa chambre. En revenant ,il avait aperçu Rokaïa au balcon discutant avec à quelqu’un dans la rue, c’était Mourad, un voisin. Il avait du ruminer une injure entre ses dents et continuer son chemin; elle s’était enfuie en l’apercevant.  

               Ce jour, devant le lycée, ses camarades n’avaient pas arrêté de le harceler de questions et de remarques : “ c’est quand le mariage?” demandait l’un, “surtout invite nous !” renchérissait un autre,  “. On lui a forcé la main” souffla un autre à son voisin, “ Mihoub, le marié !”  Cria un troisième. Mihoub, mi-pensif mi admiratif, regardait par dessus leurs épaules et ne semblait pas les entendre, Zhor, qui se tenait toute seule à un coin éloigné. Zhor était la seule fille à laquelle Mihoub adressait la parole chaque fois que l’occasion se présentait et pour laquelle il éprouvait de la sympathie. Elle était jolie avec de longs cheveux et des yeux noirs. Ils ne cessaient de se regarder avec envie. Huit heures sonna ; les élèves se précipitèrent vers la porte d’entrée, Zhor réussissait quand même &a